La première fois que j’ai rencontré Daniel, j’ai complètement sous-estimé son projet. Sculpter des stylos en bois ? C’est joli mais je ne vois pas bien l’intérêt. Jusqu’à ce qu’il me raconte l’histoire derrière un de ses stylos : une amie lui avait permis de récupérer le bois de l’arbre qui était planté en un endroit depuis sa plus tendre enfance. Il lui a sculpté un stylo dans ce bois, en allant rechercher dans les stries de l’arbre celles qui correspondaient à sa vie.

Et c’est ça finalement qui fait la richesse insoupçonnée du projet de Daniel : l’histoire, l’aventure, la vie derrière chaque stylo. Nos idées et nos projets étaient similaires, c’est pourquoi j’ai eu l’honneur d’être choisie comme l’une des ambassadrices des stylos L&D.

Pour cela, bien entendu il fallait un stylo. Nos projets ayant évolués côte-à-côte, les idées ont émergées, que dis-je, fusées ! Tout cela toujours dans le même but : que les œuvres de Daniel représentent parfaitement leurs propriétaires. Le stylo-bille, puis le stylo, nés de notre démarche de co-création, raconte mon histoire et la naissance de Palabright.

Le stylo-bille

Un challenge comme Daniel les aime ! Le stylo-bille a été sa première création moitié en bois, moitié en… carton. Je voulais de l’upcycling, il m’a donc apporté des bouts de bois (du manche à balais :-)) et des feuilles de carton colorées que j’ai assemblées à ma guise. « Je ne sais pas du tout ce que ça va donner une fois collés et tournés », m’a-t-il dit. Et ce n’est pas grave, c’était pour tester. L’expérience était en elle-même intéressante et enrichissante, et le résultat a dépassé nos espérances !

Bic en bois et en carton, couleur bois avec des stries colorées.

Le bic de Daniel Van Impe une fois assemblé, collé, terminé !

 

Le stylo

Il était temps de passer à la version plus « noble » : le stylo-plume, composé entièrement de chutes de bois de toutes les couleurs, de toutes les origines et plein d’histoires à raconter. Le stylo a un nom, une encre, un message caché, une composition unique et colorée. Nous avons beaucoup hésité sur la plume, entre une vieille plume de mon grand-père, une plume (toute simple sans électrostatie), pour finalement s’arrêter sur une plume noire (pas upcyclée mais de grande qualité). J’ai pu décider de la taille, l’aspect et la couleur de chaque élément, et ce n’est pas fini !

Stylo fait de plein de tranches de bois coloré

Le stylo de Daniel dans toute sa splendeur.

 

L’expérience

Des heures dans l’antre de Daniel, au sous-sol, entourés de bois et de copeaux de bois, de bric-à-brac car tout pourrait servir à la fabrication d’un stylo (il en fait d’ailleurs à partir de vieux couverts à présent). Une expérience humaine avant tout, avec des dîners ou soupers, des promenades dans le potager, des histoires et des débats. Et la volonté de prendre son temps dans un monde où tout le monde est pressé. Lors de ma première visite, la radio diffusait du Georges Brassens et autres vieilles chansons françaises. A chaque fois, j’en sors avec l’impression d’avoir ralenti et respiré un grand bol d’air, salvateurs pour la suite.

L’homme

Passionné, Daniel m’a fait découvrir l’univers des stylos, des plumes, du papier, du bois, voire même de la typographie ! Il m’a parlé :

  • de cette famille japonaise qui fait des plumes de stylos à la main depuis trois générations ;
  • de dendrochronologie ;
  • de plume d’oie mais plutôt de l’aile gauche ;
  • de biomimétisme, un sujet qui me fascine (voir cette vidéo en anglais que je montre à mes élèves) ;
  • de ses projets de cabochons (les bouts qui terminent le stylo et son capuchon) faits-maison ;
  • de ses stylos non plus en bois mais fabriqués à partir de vieux objets en tout genre ;
  • et puis de toutes ces essences d’arbres, leur histoire, leur couleur et leur signification.

Sans oublier son enthousiasme à chaque étape de la co-création du stylo, où je recevais un message plein d’entrain, me disant qu’il avait trouvé comment pousser l’expérience encore plus loin. « Ça, c’est du stylo ! », l’ai-je entendu s’écrier.

Comme dans beaucoup de cas, derrière chaque artiste se trouve une femme qui non seulement le soutient mais qui a pleinement pris part au projet : Lidia est son bras droit fidèle, sa consultante artistique et s’occupe de la recherche et du développement avec lui.

Merci à eux. Ces deux magnifiques objets d’écriture ne me quittent pratiquement jamais. Ils m’accompagnent dans mon projet et me rappelle que ça vaut la peine de se battre pour ses convictions. Grâce à eux, j’ai du soleil dans la plume !