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La tyrannie de la commodité – Tim Wu

La tyrannie de la commodité – Tim Wu

L’auteur :

Tiw Wu est un juriste expert en industrie des technologies et des médias et professeur à la Columbia Law School. Il écrit des articles d’opinion pour le New York Times. L’un d’eux, la Tyrannie de la Commodité, a été publié en 2018 puis traduit de l’anglais à l’espagnol et relayé en français. Il a été largement partagé à l’époque, c’est comme ça qu’il est arrivé sous ma souris.

L’auteur est également connu pour avoir popularisé le terme de “neutralité des réseaux” et prône de légiférer celle-ci. Qu’est-ce que la neutralité du réseau ? C’est le principe que tous les flux de données sur Internet soient traités de manière égalitaire (sans discrimination). C’est évidemment loin d’être le cas.

Le propos :

Vous pouvez retrouver l’article original ici, et nous allons également nous baser sur un article du Monde ayant largement relayé le message de Tim Wu sans en être une simple traduction.

L’hypothèse de départ de Wu est que la commodité est devenue la valeur suprême au point de façonner nos vies et nos économies. Le facile est mieux, et le plus facile, le mieux.

Pourquoi la commodité a-t-elle ce pouvoir ? Car elle a la capacité de transformer les alternatives en options inimaginables. Les exemples sont légions : après avoir gouté à l’usage d’une télécommande, se déplacer pour changer les chaînes via les boutons de la TV devient franchement pénible (au point qu’ils ont cessé d’exister !).

Dans le monde des nouvelles technologies, la lutte pour le monopole est devenu synonyme de celle de la commodité (voir le premier extrait).

Selon Tim Wu, il n’est pas question ici de blâmer la commodité, sinon de s’interroger sur son bien-fondé en toutes circonstances. La commodité a commencé comme instrument de libération du travail manuel, et elle s’est avérée bien utile jusqu’à un certain point.

Aujourd’hui, à travers les objets connectés comme le smartphone, elle ne facilite plus aucun travail manuel sinon l’individualisation et le travail mental. Elle a même permis à des services payants de détroner leurs pendants gratuits, simplement parce qu’ils facilitaient l’accès au produit (ex: Netflix).

C’est pour cela qu’il doit y avoir des limites à la commodité et qu’elle doit servir à autre chose qu’à elle-même, sans quoi nous risquerions de perdre ce qui nous rend fondamentalement humain (voir deuxième extrait) : la lutte pour quelque chose qui nous passionne, le développement personnel, notre mémoire, nos choix, nos expériences… Ce sont précisément les choses longues et difficiles, à l’opposé de la commodité, qui nous apprennent qui nous sommes et quelle est notre place dans le monde.

La commodité, aujourd’hui, est devenue synonyme de conformité. Se détacher de celle-ci, en se passant par exemple de smartphone ou de Netflix, est devenu un acte militant, à contre-courant. Pourtant, c’est bien l’expérimentation, bon gré mal gré, qui nous permettent d’exprimer notre individualité, ou même de la découvrir. En d’autres mots, vivre “authentiquement” passe par se libérer, pas de la commodité mais bien de la tyrannie de la commodité.

Notre avis :

Tim Wu écrit l’évidence, et pourtant les exemples qu’il décrit son tellement ancrés dans notre époque que nous ne voyons plus, ni n’analysons ces comportements. Avoir pris l’angle de vue de la commodité pour critiquer (dans le sens philosophique du terme) les nouvelles technologies et mettre en question ainsi leur utilitarisme, et bien c’est incroyablement bien vu. Le propos est efficace et pertinent : tout le monde est invité à lire cet article (lu en 2018, jamais oublié !).

Extraits :

Notre goût pour la commodité en engendre toujours plus : plus il est facile d’utiliser Amazon et plus Amazon devient puissant et plus il est encore plus facile d’utiliser Amazon. La commodité est l’allié naturel du monopole, des économies d’échelles et du pouvoir de l’habitude.

 

Quand nous laissons la commodité décider de tout, nous nous abandonnons trop.