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L’amour sous algorithme – Judith Duportail

L’amour sous algorithme – Judith Duportail

L’auteure :

Judith Duportail est une journaliste indépendante qui écrit notamment pour The Guardian et Slate (rien que ça !). L’Amour sous algorithme est sa première publication et marque le début d’une – espérons longue – série d’enquêtes sur l’influence des nouvelles technologies sur l’amour et la liberté. Nous vous parlerons très bientôt de son magnifique podcast “Mais qui est Miss Paddle”, au sein duquel il est question d’Instagram.

Le propos :

Le livre est un mélange de récit personnel touchant et d’enquête sur les rouages de Tinder. Judith est une utilisatrice accrue de Tinder. Au début elle adore, puis peu à peu son regard change, son ressenti aussi. Elle cherche à en savoir plus sur les dessous de cette application de rencontre et nous embarque dans ses découvertes (success rate, données personnelles, machine learning…), réflexions, ses aventures et ses émotions. Le récit est d’une franchise touchante et l’enquête édifiante. Le livre se lit comme on dévore un moelleux au chocolat.

Notre avis :

Le style de Judith Duportail, sa franchise et sa transparence, nous encouragent sans peine à plonger avec elle dans ses interrogations et ses déroutes relationnelles, voire à s’y identifier. Ce qu’elle écrit ne peut que nous toucher, parce qu’elle nous ramène précisément à ce qu’il manque aux applications de rencontre : de l’empathie, de la sensibilité, de l’humanité.

A travers ma lecture de ce livre, j’ai eu l’impression d’être face à une bonne copine, à Judith. J’ai eu l’impression de la (re)connaître, et surtout, d’y reconnaitre une partie de moi-même. Tranquillise-toi, Judith, nous sommes nombreux.ses à nous sentir étranger.ères aux comportements que provoque le “supermarché de la chope“.

Extraits :

Vos données personnelles servent à vous attribuer une note sur Tinder, oui. Mais décident aussi à quelles offres d’emploi vous avez accès sur Linkedin, combien vous allez payer pour assurer votre voiture, si vous pouvez contracter un emprunt, et demain quelle publicité vous verrez dans le métro.

 

Le pire, c’est qu’il n’y a pas qu’elle. Elles sont des centaines, des milliers, les filles comme Bérénice sur Tinder. Je me représente tous leurs profils, toutes ces photos. Toutes ces femmes. Avec la même frange que moi, le même vernis, les mêmes petites Stan Smith, les mêmes étudies. Et le petit cul de Bérénice. Je suis si insignifiante, comment exister au milieu d’elles, comment faire pour être différente ? […] À la guerre de toutes contre toutes, n’ai-je pas toujours perdu ? Quelle chance ai-je contre une Bérénice ?

Pour aller plus loin :

  • Sherry Turkle explore davantage les conséquences sociales des nouvelles technologies, nous vous reparlerons d’elle et d’un de ses livres prochainement.
  • Tout comme Jaron Lanier, Judith Duportail étaye ses propos d’un bon nombre de références telles que Shoshana Zuboff (que vous aurez reconnu dans “The Social Dilemma), Natasha Dow Schüll ou Christian Rudder.